Cette rencontre avec un espace limité, plein de terre et de possibles, sous mes mains, entre mes doigts, est devenue une vraie ressource dans ma vie. Par l’intermédiaire attentionnée de Nathalie, je me dé-couvre au travers de mes sens, dans la matière, dans le subtil. Au fil des minutes, le champ s’ouvre et devient presque illimité. Je descends. Et lorsque je ré-ouvre les yeux, je suis souvent frappée par le sentiment de vastitude que j’ai ressenti pendant le travail. Tout est toujours beaucoup plus grand sous mes mains et dans mon corps, en contact avec l’argile, l’eau et le cadre, que dans la « réalité ». C’est une sensation très puissante qui me permet de contacter mon amplitude et qui m’aide beaucoup lorsque je me sens à l’étroit dans ma vie.
J’y suis tout d’abord allée timidement, j’étais impressionnée par ce que je manipulais. J’étais aussi encombrée par ce que je croyais devoir faire, produire ou comprendre. Et puis j’ai peu à peu pris confiance, grâce au temps long que le champ d’argile offre et grâce à l’accompagnement attentif de Nathalie.
J’ai commencé à oser ne pas savoir et à être juste là, ici et maintenant.
Aujourd’hui, après plus d’une année de pratique régulière, je me sens chaque fois plus disponible aux révélations, aux éclairages nouveaux, aux remises en perspective et en mouvement que chaque voyage m’apporte. Je me sens plus réceptive à toutes ces petites choses fines qui se déploient en moi à chaque séance, ces sensations que je ne voudrais pas décrire avec des mots. J’apprends la douceur et la patience.
C’est pour moi un temps unique dans ma vie de tous les jours pendant lequel je prends soin de moi dans plusieurs dimensions de mon être et où la transformation s’amorce ou se poursuit à un autre niveau que celui de mon mental. C’est aussi un moment riche pour moi de reconnexion à mon enfance et à ma singularité. Prendre soin de moi sous le regard d’une personne qui n’est là que pour moi, qui m’accompagne où que j’aille, le temps dont j’ai besoin, au rythme où j’ai besoin est aussi une expérience très forte pour moi, qui construit de la confiance profonde dans laquelle je puise lorsque les événements me bousculent.
À chaque champ d’argile j’ai le sentiment de me rencontrer, sensiblement. Et à chaque fois j’ancre plus profondément la confiance que la vie sait ce qu’elle fait, que je peux laisser faire, que tout est là et que mon travail consiste à permettre, à laisser passer, à livrer passage. Ce dialogue avec moi, en présence de l’autre, ce rendez-vous avec les parts de moi-même qui me sont la plupart du temps invisibles et inaccessibles, m’est devenu précieux.
