Témoignages

Vos retours

Fin octobre 2017, lors d’un stage proposé par la FNEY, j’ai découvert le champ d’argile avec Bénédicte de Nazelle : expérience mémorable que je viens vous résumer ici. Devant moi, sur une grande table plastifiée, un cadre en bois carré d’environ 50 cm de coté, 10 cm de haut, rempli à ras bord d’une argile fraîche et bien tassée. A droite, une petite bassine d’eau ; à ma gauche, Bénédicte prend des notes. J’enfile un grand tablier en plastique, je remonte mes manches et je ferme les yeux. Silence complet, c’est un saut dans l’inconnu ! Mes mains passent dans l’eau et s’offrent au champ d’argile qui se laisse pénétrer.

La liberté est là, juste laisser faire, toucher et être touchée, lâcher prise.

Mes mains parlent, cherchent, tâtonnent, creusent avec soin la matière glissante et créent leur petit chemin. Je ne sais pas du tout ce qu’elles font et si je les suis, c’est simplement parce que c’est bon, comme un élan vital qui sortirait au travers d’elles, une sensation intense, très agréable. Le rythme s’accélère, l’effort aussi, la pression de mes doigts, de mes points, de tout mon corps sur la terre, la machine est lancée ! Je creuse, j’ouvre à pleines mains, j’élargis et je ressens alors comme un besoin urgent de sortir du cadre, de pousser l’argile au-dehors comme un signe de victoire, de libération : un aboutissement !

Une fois cet épisode mené à son terme, ce fut un retour progressif au calme et la sensation d’être arrivée au bout du voyage. Mes mains se placèrent de part et d’autre du cadre : elles pouvaient se reposer. Un temps de pause avant d’ouvrir les yeux… Découverte d’un bassin féminin et de ses organes reproducteurs. Incroyable. Comment cela était il possible ?

Mes mains avaient trouvé LE point douloureux, pourtant si bien caché. Ce col de l’utérus qui ne s’était pas ouvert pour mes enfants, elles venaient de le libérer d’une souffrance profondément ancrée depuis mon premier accouchement. Je revivais, les yeux ouverts, ces gestes forts qui écartaient, avec une douce fermeté, ce lieu si intime, qui le débloquaient, qui le pacifiaient : la fin d’une longue souffrance ! Une grande fatigue saine, paisible et emplie de joie s’installa en moi. J’étais et je suis encore aujourd’hui, soulagée !

JB de Rodez

Cette rencontre avec un espace limité, plein de terre et de possibles, sous mes mains, entre mes doigts, est devenue une vraie ressource dans ma vie. Par l’intermédiaire attentionnée de Nathalie, je me dé-couvre au travers de mes sens, dans la matière, dans le subtil. Au fil des minutes, le champ s’ouvre et devient presque illimité. Je descends. Et lorsque je ré-ouvre les yeux, je suis souvent frappée par le sentiment de vastitude que j’ai ressenti pendant le travail. Tout est toujours beaucoup plus grand sous mes mains et dans mon corps, en contact avec l’argile, l’eau et le cadre, que dans la « réalité ». C’est une sensation très puissante qui me permet de contacter mon amplitude et qui m’aide beaucoup lorsque je me sens à l’étroit dans ma vie.

J’y suis tout d’abord allée timidement, j’étais impressionnée par ce que je manipulais. J’étais aussi encombrée par ce que je croyais devoir faire, produire ou comprendre. Et puis j’ai peu à peu pris confiance, grâce au temps long que le champ d’argile offre et grâce à l’accompagnement attentif de Nathalie.

J’ai commencé à oser ne pas savoir et à être juste là, ici et maintenant.

Aujourd’hui, après plus d’une année de pratique régulière, je me sens chaque fois plus disponible aux révélations, aux éclairages nouveaux, aux remises en perspective et en mouvement que chaque voyage m’apporte. Je me sens plus réceptive à toutes ces petites choses fines qui se déploient en moi à chaque séance, ces sensations que je ne voudrais pas décrire avec des mots. J’apprends la douceur et la patience.

C’est pour moi un temps unique dans ma vie de tous les jours pendant lequel je prends soin de moi dans plusieurs dimensions de mon être et où la transformation s’amorce ou se poursuit à un autre niveau que celui de mon mental. C’est aussi un moment riche pour moi de reconnexion à mon enfance et à ma singularité. Prendre soin de moi sous le regard d’une personne qui n’est là que pour moi, qui m’accompagne où que j’aille, le temps dont j’ai besoin, au rythme où j’ai besoin est aussi une expérience très forte pour moi, qui construit de la confiance profonde dans laquelle je puise lorsque les événements me bousculent.

À chaque champ d’argile j’ai le sentiment de me rencontrer, sensiblement. Et à chaque fois j’ancre plus profondément la confiance que la vie sait ce qu’elle fait, que je peux laisser faire, que tout est là et que mon travail consiste à permettre, à laisser passer, à livrer passage. Ce dialogue avec moi, en présence de l’autre, ce rendez-vous avec les parts de moi-même qui me sont la plupart du temps invisibles et inaccessibles, m’est devenu précieux.

J.R.

Un message d’une amie d’Estonie qui évoque le « clay field », ma curiosité et ma sensibilité au mot argile et l’univers qu’il contient, et ça a suffi. Quelques mois plus tard j’avais une adresse en France, une date de séance collective et j’ai plongé. J’ai plongé au contact de la matière, au contact de moi. Matière d’âme, terre d’appartenance, argile de mon cœur et de mon corps, souvenirs d’enfance et de reliance.

On ne touche pas un champ d’argile sans être touché, sans que des bouts de début d’humanité se manifestent.

Car il y a la terre et il y a ma main, mes mains. Mes mains qui savent, que j’apprends à écouter, qui me guident toujours, qui savent aller jusqu’au bout, qui ont des choses à me dire, qui ont tant attendu et qui savent quand s’arrêter. Mes mains qui hésitent, entendent, tâtonnent, qui découvrent ou recouvrent, qui creusent ou qui amassent, et qui font tellement tellement d’autres choses ordinaires si extraordinaires et que je n’ai pas besoin de penser ni de décider. Ni même de comprendre. Et encore moins d’expliquer.

Mais en général je comprends. Sans mots, sans images. Il n’y a rien à faire. Juste laisser faire, laisser aller vers ce qui fait du bien. Parfois ça veut dire oser. Alors oui, j’ai osé. Avec de moins en moins de jugement ou de ruptures.

Et je m’émerveille de la trame qui se dévoile au fil des séances individuelles que j’enfile, comme des perles, de deux semaines en deux semaines. Comme si mon premier champ d’argile avait déjà contenu tout. Comme une fleur qui se déploie, des pétales d’histoire de moi, que je n’ai pas fini de découvrir, de sentir, d’observer de l’intérieur. Il y a quelque chose qui se passe et se dépasse, qui franchit et s’affranchit, qui se construit tout en se défaisant ou l’inverse. Et ainsi grandit. En moi.

L.

A cette séance-ci de champ d’argile en décembre 2020, mes mains ont surtout dialogué avec les coins de la base du cadre, proches de moi. Ces angles aux changements de direction si clairement perpendiculaires, solides, et qui me permettaient la sensation de la base, m’ont connecté à la sensation d’une construction interne nouvelle pouvant enfin prendre place en moi.

Ressentir cette sécurité, cette assise, ce point de départ ferme vers différentes directions qui m’a tant manqué dans ma vie…

Et pourtant il était là, entre mes mains, et mon corps comme mon esprit pouvait se remplir et se nourrir de cette sensation si structurante. Une grande chaleur s’est déployée d’abord entre mes mains, puis dans tout mon être, à partir de cette nouvelle compréhension corporelle de la possibilité que je porte en moi mais que je n’avais jamais pu réellement saisir il me semble…

Je suis émue, touchée par la beauté et la force de ce contact. Cette prise de conscience cellulaire présage il me semble aussi d’autres changements qui sans doute prendront place lors d’autres expériences dans le champ par l’argile… Mais n’anticipons rien ! Chaque expérience est une surprise, et vient nourrir la zone de moi qui est prête à recevoir, à comprendre, à intégrer ces réalisations profondes. Je sens qu’il faut que je prenne le temps de savourer chacun d’entre eux. La chaleur qui monte et se déploie à l’intérieur de mon corps lorsque je goûte à cette puissance de vie là est un bon indicateur pour moi…
Merci à Bénédicte pour l’accompagnement si juste de ces étapes qui me font grandir, et me renforcer de champ en champ ! Je sens davantage ma base, mon centre, mon axe, ma densité de manière durable. A partir de là, je peux me redresser, m’élever, m’accomplir…

Je suis de plus en plus en paix, en phase, voire en joie, avec le fait d’habiter mon corps, pleinement. Quel bonheur !

NG

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